J.B. Leblanc : Cinq choses apprises en écrivant « Les Passeurs ».

passeurAh my ! Douze jours sans publication. Les quatre personnes qui suivent ce blog doivent se sentir orphelines ! Désolé les amis ! En attendant, me revoilà. Et puis, comme c’est bientôt le week-end, nous allons parler fiction… des autres. Avec le roman de JB Leblanc, « Les Passeurs ». La chronique arrivera dans quelques jours, sur le site de Phenix, mais en attendant, j’ai demandé à JB de taffer un peu ! Franchement ? Son roman c’est de la bonne came. Du thriller fantastique, mené à un rythme soutenu, avec une narration solide et des personnages attachants. Ecrit d’un seul tenant, son éditeur a choisi de scinder l’aventure en deux tomes. La suite paraîtra au mois de mars… Et je me réjouis déjà de la découvrir. Et vous aussi, lorsque vous serez passé par ICI pour commander la chose, vous précipiter sur le second volume sera une simple formalité ! 

 

5 choses apprises en écrivant « Les passeurs »

 

Alors ça, c’est original. Il va falloir que je replonge au plus profond de moi-même pour ressortir ça de mes tripes. Je me lance.

La première chose, c’est que le surnaturel est partout, tout autour de nous, à chaque instant de nos vies. Je vous le garantis ! Nous ne le voyons pas, nous ne le percevons pas parce que notre niveau de conscience ne nous le permet pas, mais des personnes et des forces œuvrent. Pour le bien de ce roman, j’ai gratté à droite et à gauche, rencontré des gens doués et j’ai acquis cette conviction.

Je suis un auteur en quête. C’est ce qu’une personne m’a dit un jour. En quête de vérité. Elle a peut-être raison. A travers mes écrits, la notion de destin revient souvent. Est-il écrit ? Possédons-nous un certain libre arbitre ? S’il est écrit, pourquoi ? Pourquoi certaines personnes ont des vies extraordinaires pendant que d’autres n’arrivent pas à sortir de la misère ? Pourquoi l’évolution de l’homme tend dans cette direction ? Voilà un panel de questions qui tarabuste souvent mes personnages et qui me laisse penser qu’il existe quelque chose au bout du chemin.

 

La seconde chose, c’est que je vais délaisser le fantastique pour le thriller. Mes trois premiers romans sont des récits fantastiques. Celui-ci est un thriller surnaturel et ma progression dans l’écrit me fait pencher pour la rédaction d’histoires exclusivement policières. Un domaine dans lequel je me sens de plus en plus à l’aise et que j’ai très envie de maitriser, d’en explorer toutes les possibilités. Je pense que j’ai atteint une certaine maturité dans l’écriture et dans mon imaginaire qui vont me tenir éloigner du chimérique, de l’irréel.  Même si je sais que je ne pourrais pas m’empêcher de glisser une petite touche de ce mystère-là dans mes prochains romans.

 

  La troisième chose, c’est que je suis définitivement un auteur qui travaille à l’instinct. Pour la rédaction de mon premier roman, il y a sept ans, « Le cauchemar de Cassandre », j’avais écrit presque comme un funambule. Je connaissais juste le début de mon histoire et ce vers quoi elle tendait. J’avais quelques personnages en tête et je me suis lancé. Sans plan. J’ai fait évoluer mon histoire en fonction des évènements que je découvrais en même temps que mes héros. Certains d’entre eux sont devenus des personnages principaux, d’autres mourraient de manière prématurée, sans que je le prévois. Je me laissais guider par eux.

Mes deux autres romans étaient des suites, j’ai donc procédé de la même manière, mais là, c’était sans danger. Ecrire des séquelles, c’est confort. Les personnages et l’intrigue sont déjà plantés.

Pour « Les passeurs », sans me poser des questions, j’ai abordé l’écriture de cette histoire de la même manière. Un début d’intrigue, la fin en tête, quelques personnages au profil bien établi et c’était parti. Le reste s’écrit tout seul, guidé par les protagonistes et les évènements qui s’enchaînent. Parfois mon humeur. Les chemins balisés, ce n’est pas pour moi.

 

La quatrième chose : avec « Les passeurs », je me suis canalisé. J’ai tendance à mettre dans mes romans tout ce qui passe par ma tête et parfois, ça ne sert pas l’histoire. Je suis un auteur fourre-tout et c’est mon gros défaut. Il en va de même pour mes recherches. J’en fais beaucoup pour chacun de mes romans. Je veux me documenter un max et le problème, c’est que je restitue le fruit de ces recherches dans mes romans. Trop même. Ca ralentit l’intrigue et ça n’intéresse pas toujours le lecteur.

 

La dernière chose est qu’avoir un lectorat modifie sa manière d’écrire. Lorsqu’on devient un auteur édité, on se retrouve confronté aux retours des lecteurs et des chroniqueurs. Il faut tenir compte de tous ces avis, c’est ce qui nous fait progresser. Je me suis aperçu qu’avec mes trois premiers romans, j’étais perçu comme un auteur qui n’hésite pas à répandre du gore, à être trash. Alors que ce n’est pas du tout l’image que je souhaitais envoyer. Dans mes écrits, j’essaye d’être réaliste au maximum, de toucher au plus juste, alors ça passe par des paragraphes difficiles. J’ai modulé ma prose dans « Les passeurs » tout en gardant cette touche de réalisme.

 

Bon, j’aurais pu parler de deux ou trois autres choses mais je dois m’arrêter là. Merci pour l’exercice, c’était sympa.

Comment Ecrire un Thriller (S1EP1) : Le thriller, le pays où la structure est reine ?

paul_sheldon« Comment fait-on pour écrire une histoire ? ». En voilà une bonne question que de nombreux aspirants auteurs posent et se reposent. Et franchement ? Je n’en sais rien. La seule chose que je peux vous expliquer, en quelques mots, c’est comment JE fais pour écrire une histoire. Lâchement, je pourrais vous dire que j’ouvre un fichier Word, puis que je tape des mots, les uns après les autres, pour écrire des phrases, qui finissent par former des paragraphes qui… Enfin, vous voyez le truc ? Bon, d’abord, effectivement, c’est lâche. Et en plus c’est faux. En partie. Vous n’avez pas besoin de Word. Vous n’avez peut-être même pas besoin d’un ordinateur. Un de ces jours j’aborderai cette question d’ailleurs. Quels sont les outils qui permettent d’écrire. Là aussi, on n’a pas fini de rigoler.

Mais revenons à nos moutons. Comment j’écris une histoire.

Une de mes histoires. Celles que moi j’apprécie. De la littérature populaire. Pulp. Imaginaire. Comment j’écris un Bob Morane, ou une enquête de Sherwood et Lark, ou même une courte nouvelle comme celle que vous pouvez lire ICI.

Je ne vais pas entrer dans tous les détails, mais en général, je démarre sur une idée. La machine à idées, chez moi, elle fonctionne sans arrêt. J’ai un million de petits bonshommes, avec la même voix heureusement, qui me balancent des trucs toute la journée. Quand j’écoute la radio, quand je lis un article, quand je regarde un film, quand je croise quelqu’un dans la rue, quand je conduis ma voiture… Tout le temps. Ça balance. Un exemple ? J’ai écrit une aventure de Bob Morane qui s’intitule « Contre-Attaque ». L’idée m’est venue alors que je lisais un article sur Las Vegas. Le journaliste expliquait comment la ville des jeux, autrefois le lieu de prédilection des adultes en virée, était peu à peu, dans une certaine mesure, devenue un lieu de divertissement plus « familial ». Je me suis alors dis : « Tiens, c’est marrant… Et les adultes en virée alors, où vont-ils ? ». Et c’est de cette façon que m’est venue l’idée d’une ville, perdue quelque part dans les immenses territoires de l’actuelle Russie, où les adultes, riches, pourraient donner libre cours à leurs vices. Bon, du calme dans les places du fond. L’idée étant développée dans l’univers de Bob Morane, je suis resté assez soft sur les dérives offertes par cet univers d’argent et de débauche.

Ensuite, lorsque l’idée est là ? La structure. Ah oui, il fallait bien que le titre de cet article ait un sens ! Si j’insiste sur la structure, c’est parce que dans les thrillers, les romans populaires, le lecteur aime retrouver des rythmes, des scènes, un développement, qui lui semblent familier. Il est parfois amusant de transgresser les règles de ces structures… mais dans la plupart des cas, elles sont la garantie d’une histoire « qui se tient ». Je ne m’en suis jamais caché, j’aime beaucoup développer mes histoires sur des structures qui rappellent celles des films américains… qui s’inspirent eux-mêmes de la structure des pièces de théâtre et des opéras. C’est-à-dire une articulation en trois actes, avec une montée en puissance de la tension et un bouquet final en forme d’explosion. La durée de ces actes, le nombre de scènes, le nombres de péripéties… Des tas de facteurs peuvent varier, mais cette structure, ce squelette, une fois qu’il est connu, permet d’habiller le récit… Et surtout de ne pas perdre de vue les grands objectifs de l’histoire.

Dans « 35MM », le premier roman qui met en scène le couple d’enquêteurs Sherwood et Lark, je me suis totalement inspiré de la structure et même du déroulement de… Jaws/Les Dents de la Mer, le film de Steven Spielberg. Si vous prenez la peine de déshabiller le roman, vous découvrirez que tout s’y trouve. Le « nouveau Shérif », le prédateur invisible, les autorités qui rechignent à admettre la présence d’un tueur, les attaques qui prennent de l’ampleur, la « chasse » à l’assassin, j’en passe et de plus évidentes.

Cette structure, invisible aux yeux du lecteur si elle est emballée avec une certaine intelligence, un respect de certains codes et une bonne dose d’imagination, permet à l’écrivain de naviguer avec un semblant de carte. Et, tout comme il peut vous arriver d’emprunter quelque détour lorsque vous avez tracé l’itinéraire d’un périple de vacances, rien ne vous empêche, au fil de l’écriture, d’emprunter quelques chemins de traverse.

Reste que cette structure, ce petit plan – qui peut prendre la forme de quelques notes, d’un synopsis plus long ou simplement, comme c’est le cas chez moi, d’un schéma mental conservé dans un coin de votre cervelle – vous aidera sans doute à mener à bien, les plus courtes, comme les plus longues des histoires.

Mais comme toutes les règles, comme tous les conseils, empressez-vous de transgresser la structure si vous en avez envie !

Pédagogie ! Pédagogie !

joanIl faut rendre à César ce qui appartient aux lecteurs. L’idée de ce post est né d’une remarque de Yann Lesaffre, fan , fin connaisseur de la littérature populaire, mangeur de frites et cheminots (oui, tout cela à la fois ! ).

Après d’âpres discussions avec moi-même, je décidai donc, il y a quelques années, de prendre un nom de plume.

Quelques recherches (Guillaume Musso, c’est déjà pris, Bernard Henri Levy, c’est un peu pompeux, Richard Bachman, c’est un peu geek), je m’arrête sur Christophe Collins.

Parce que Corthouts, mon patronyme original, sous lequel j’ai rédigé quelques aventures de Bob Morane et sous lequel il m’arrive encore d’écrire des textes documentaires, reste complexe et difficile à prononcer.

Tout heureux de cette trouvaille, Christophe Collins, ça pète, j’oubliais que dans la grande architecture de l’univers, un élément reste constant. La frustration.

Donc, rapidement, lors de mes premières rencontres avec les lecteurs, lors de mes premières interviews, la prononciation de mon nom de plume s’avère tout aussi… variée que celle de mon patronyme original.

Alors… Collins ? Ca rime avec « poulain » ? Ou ça rime avec Phil Collins ?

Pour le coup, vous avez remarqué ? Personne ne s’est jamais posé la question de savoir si le nom du chanteur batteur britannique rime avec « tape dans tes mains ».

Sans doute parce qu’il est anglo-saxons. Et moi pas. Je vous l’accorde.

Si vous permettez on va donc s’accorder sur un truc tout simple.

Je suis le cousin de Joan Collins. La dame qui, dans les années ’80, jouait les J.R. Ewing au féminin dans Dynastie. La série. Et pour les enfants du millénaire, on va dire que « Collins » rime avec « collines »,  vous savez, les petites montagnes couvertes d’herbes fraîches.

Alors bien sûr, je ne suis pas anglo-saxons.

Mais tant pis. Je suis moi. Et j’adore me prendre pour un belge d’Amérique.

PS : Et oui, cet article est illustré d’une photo totalement putaclic.

Hé ! Regardez ! De la fiction inédite !

100_mille_dollarsJ’avais promis de publier de tout, et donc un peu n’importe quoi sur ce blog. Reste que je vais tout de même essayer d’être un peu cohérent. Juste un peu, je vous rassure. Et le week-end sera le plus souvent, le temps de la fiction. Par mes soins… Avec des inédits, des raretés, des textes courts, des nouvelles, des poèmes, des chansons (non, je déconne…), mais je parlerai aussi, de temps en temps, de la fiction des autres. Ou je laisserai parler les autres de leurs fictions !

Cette semaine, c’est donc une très courte nouvelle inédite, qui prendra place au coeur de la page… « Nouvelle ». « 100 mille dollars »

Vous découvrirez aussi que j’ai ajouté, au bas de cette nouvelle, un petit lien « faire un don ». C’est une fonction « Paypal ». Cela n’a évidement rien d’obligatoire. C’est simplement parce que, comme je l’ai déjà évoqué par ailleurs, le gratuit c’est bien… mais jusqu’ici je n’ai jamais pu échanger un kilos de pâtes contre dix pages de mes manuscrits. Cela viendra peut-être un jour… Qui sait ? Mais en attendant… Je suis heureux que vous puissiez vous balader en toute liberté et en toute gratuité dans mon univers… Mais si, par le plus pur des hasards, il vous venait à l’idée que ce travail mérite une forme de rétribution, il vous suffira de cliquer sur le lien.

Excellente lecture !

L’avenir de l’ebook ? Une autre écriture ?

ebookJe viens de lire un article assez intéressant. En voici le lien. Juste ici. Allez le lire. Merci. Ensuite, je pourrai vous donner mon avis. Et peut-être pousser la réflexion un chouïa plus loin.

Voilà. C’est fait ?

Très bien.

On repart.

Globalement, je suis d’accord avec tout ce qui est avancé dans cet article. Dans sa première partie du moins, il résume assez bien ma propre vision des limites du livre électronique au cœur de nos contrées. À la fois, la politique de prix aberrante, l’impossibilité de proposer la vente couplée « papier/numérique », le trésor de guerre que constitue le livre de poche pour les grands éditeurs ou encore l’attachement sentimental au papier sont autant de raisons qui expliquent la stagnation (dans le meilleur des cas…) de l’offre numérique dans le monde francophone.

L’idée de « réinventer » le livre au format numérique, peut-être même jusqu’au point de boycotter le mot « livre », est également un concept intéressant. Sauf que… Sauf que les raconteurs d’histoires, les écrivains, les auteurs, dans la plupart des cas — du moins, si je m’en réfère à ma propre expérience (oui, je sais, c’est un biais de confirmation et je ne connais pas TOUS les auteurs… mais jouez le jeu, juste une seconde, pour le plaisir du débat) —, les écrivains sont des bêtes solitaires. Ce qui fait tout le pouvoir de l’écrivain, c’est d’être capable, à l’aide d’un crayon et d’un papier (pour les plus classiques) ou d’un écran et d’un clavier, raconter une histoire. Sans limite. Pas de budget. Pas d’hésitation si je veux faire sauter la tour Eiffel, ou lancer deux armées de cent mille hommes dans une bataille interminable au cœur d’un champs de cratères volcaniques en éruption. Ensuite, cette histoire, dans sa forme papier ou digitale, je l’offre au lecteur. Qui met en marche son petit cinéma perso. En 123.12, avec un écran hyper géant, de la 3D, des effets sonores bluffants et des personnages qui ont tous une bouille choisie. Un livre, quoi. Comme le propose, avec un vrai sens du défi et une passion que je salue, notre ami Walrus, revoir le livre pour le lancer vers d’autres horizons, autrement dit repenser les outils, la grammaire, le média. Raconter autrement. Donc, laisser, à un moment ou à un autre, échapper la création, pour en partager avec d’autres, avant publication, les univers, les personnages, les narrations. Et c’est là, peut-être, le vrai défi. Je ne dis pas ici que les écrivains n’aiment pas le travail collaboratif. Je crains simplement que, dans un premier temps, pour une majorité d’entre eux, leur ADN en soit dépourvu. Parce que je devrais pouvoir retrouver un article quelque part qui évoque ce sujet, l’écrit est souvent, sous nos latitudes, sacralisé. Je pense, mais c’est un avis super personnel bien entendu, que réinventer le livre signifie réinventer le rapport des auteurs au texte.

Plus largement, cela sous-entend aussi de revisiter notre rapport à la propriété. Attention ! Je ne suis pas en train de dire que les textes devraient, dans un grand carnaval bienveillant, être posés au centre de la pièce pour que toutes et tous en fassent ce que bon leur semble. Les vieux réflexes prendraient d’ailleurs rapidement le dessus. C’est, ceci dit, une seconde question qui se pose avec l’idée de réinvention proposée par Walrus. Si l’on réinvente le média, c’est bien. Mais si le système financier, la logique de profit à court terme, de « branding », d’investissement solide, qui cadenassent actuellement le système n’est pas revu en profondeur, cela ne changera rien. Quand les premiers « nouveaux livres » verront le jour, et si le succès de ces pionniers est au rendez-vous, les « grandes maisons » proposeront rapidement à leurs « poulains » de se fondre plus ou moins dans le moule, avec l’aide d’apprentis sorciers de ce nouveau média.

Et la grande machine aura fait un nouveau tour sur elle-même, sans proposer de vraies alternatives, de vrais nouveaux talents, de vraies explorations de l’imaginaire.

Cet article a été revu et corrigé par Anne Ledieu. Excellente correctrice, respectueuse du style et de l’âme des textes qu’elle supervise. Un petit coup de pouce dans votre écriture ? N’hésitez pas à la contacter, elle adore ça ! C’est par ici : ledieuhaudestaine@hotmail.fr