Maxime Chattam – Interview Inédite Exclusive.

En 2016 se préparait un dossier, épais sur la carrière de Maxime Chattam. Les aléas de l’édition ont finalement poussé, hélas, à l’annulation du projet. Alors que je refermais « Le Signal » son dernier roman, je replongeais dans mes archives et de débusquait donc l’enregistrement d’une rencontre exclusive, près d’une heure d’échange, dans le cocon sympa d’une brasserie parisienne. Le garder uniquement pour moi ? C’est un peu ridicule. J’ai donc décidé de le partager… La version intégrale, à écouter, ce trouve juste ici  :

Version à écouter

Et si vous préférez une version « à lire », il suffit de se rendre ici :

Version à Lire ! 

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Maxime Chattam – Le Signal

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La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Un havre de paix. Du moins c’est ce qu’ils pensaient…. Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents… Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite? Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Si vous le permettez, je vais tout de suite évacuer une évidence. Si, si, je vous assure, on sera plus à l’aise pour discuter du dernier Maxime Chattam ensuite. Quelle évidence ? Celle d’une quelconque originalité dans les éléments abordés par l’auteur de la “Trilogie du Mal” dans son nouvel opus. Pour les habitués du monde de l’Imaginaire, de la terreur, de l’horreur, des oeuvres de Stephen King ou des films qui ont traversé le firmament populaire dans les années ‘80, ‘90, voire même 2000, “Le Signal”, avec ses monstres invisibles, ses présences fantomatiques, ses expériences étranges et ses protagonistes tant adultes que adolescents, n’est en rien une “révolution”. Et c’est logique. Parce qu’au fil du récit, on comprends vite que le but de Maxime Chattam n’est pas de bouleverser les codes d’un genre qu’il (comme ses lecteurs, dans leur majorité…) connaît sur le bout des doigts. De la même façon que Stephen King, lorsqu’il balança “Ca” à la face du monde ne cherchait en rien à redessiner la carte des Grandes Peurs. Ce que cherche plutôt l’auteur c’est à offrir une narration-creuset, un roman-somme, un récit-alchimique dans lequel il synthétise avec une maîtrise quasi parfaite, les éléments de son oeuvre. Il n’est pas non plus anodin de découvrir que le couple principal du “Signal” ressemble à s’y méprendre à celui que forme l’auteur avec l’animatrice de télévision Faustine Bollaert. Pour la première fois (et il le confirme d’ailleurs dans les remerciements) le réalité et la fiction se trouvent entremêlés… au sein même d’un univers, d’une ville, totalement “construite” et née dans l’imagination de l’auteur. Sans peur, le récit est également éclaté entre les terreurs des adultes (qui sont le reflet de romans comme ceux de la Trilogie du Mal, ou des thrillers les plus récents) et les aventures horrifiques d’un groupe d’enfants/ados qui renvoient directement à Autre Monde.

Sur un récit de plus de sept cents pages, Chattam n’évite pas les longueurs, succombe à certains effets un peu facile, mais dans l’ensemble, ce “Signal” est l’expression parfaite d’un auteur en pleine possession de ses moyens. Un auteur qui prend encore une fois le risque de s’éloigner de sa zone de confort – si l’aspect “enquête” est bien présent dans le roman, il est loin de constituer le principal ressort et la noirceur urbaine laisse souvent place à une terreur poétique et gothique – pour s’offrir un magnifique voyage au coeur de quarante années d’imaginaire populaire et horrifique.

Un roman-somme donc, de la part d’un auteur qui reste définitivement unique dans la galaxie des faiseurs de cauchemars francophones.

La suite ! La suite !

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Ca y est ! Le deuxième épisode de la seconde saison de « Photographistoire » est en ligne. toujours une photographie de Marc Bailly et la suite donc d’une histoire en dix épisodes qui devrait vous tenir en haleine, je l’espère, pour quelques semaines encore !

C’est ICI que cela se passe !

Belle Lecture !

 

Photographistoire – Saison 2

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Rentrée un peu tardive pour ce blog… Oui, je sais, nous sommes déjà, presque, en octobre. Mais, bon, c’est pas que ça chauffe dans la cuisine, mais c’est tout comme. Entre la finalisation finale de « La Loge du Prince », alias la troisième enquête de Sam Chappelle, « Les Naufragés de la Pleine Lune », une aventure inédite de Bob Morane pour fêter dignement les 100 ans de ce jeune auteur d’Henri Vernes et « Les Traqueurs » qui sortira chez Nutty Sheep sous la forme d’un feuilleton survitaminé, j’aligne les mots comme si ma vie en dépendait. Et dans l’état actuel des choses, 2019 ne devrait pas être plus calme!

En attendant, je ne voudrais pas laisser les visiteurs de ce blog sans quelques petites lectures amusantes. Voici donc venir « Photographistoire – Saison 2« . Dans la première saison, je me suis amusé à illustrer les photographies de mon ami Marc Bailly, avec de courts textes. Cette fois, pour une seconde saison légèrement différente, les dix photographies seront reliées entre elles par une histoire commune… Dont le premier chapitre/épisode se trouve ICI. C’est également sur cette page que vous trouverez la suite, hebdomadaire, de ce récit entre polar, science-fiction et réflexion sur le monde qui nous entoure.

Belle rentrée (oui, je peux encore, jusqu’au 30 septembre) et surtout belle lecture.

 

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Depuis plusieurs mois, Marc Bailly explore la photographie sous tous les angles. M’est venu l’idée d’écrire, chaque semaine, un texte court, brut, quasi sans réécriture à partir d’une photographie qu’il me soumet, choisie dans sa vaste collection. Texte en prose, poésie, aphorisme, délire… Je ne sais ce que m’inspireront ces clichés. Je partage donc cette expérience créative avec vous. N’hésitez pas en faire l’écho… Et à poster vos réactions.

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Forêt

 

– Alors Maurice ? Ou c’est qu’on va ?

– Où va-t-on ? La formule exacte c’est « où va-t-on ».

– OK. Maurice. Où va-t-on ?

– Nulle part Marcel. On ne va nulle part.

– Pourquoi ?

– Marcel ? C’est pareil tous les jours. On ne va nulle part, parce que nous sommes des arbres.

– Ah. Oui. C’est ça. Des arbres.

– Une forêt entière. Ma graine aurait pu tomber n’importe où… Mais il a fallu que je pousse à côté d’un arbre qui a des soucis de mémoire.

– Comment Maurice ?

– Rien. Je murmure. Je bruisse des feuilles. Il paraît que les humains aiment ça.

– Les humains ?

– Oui, tu sais, les petits trucs roses à deux pattes qui se baladent dans le coin.

– Non. Je ne vois pas.

– Oh putain…

– Laisse tomber Maurice. Tu t’énerves pour rien.

– Salut Ambroise. Je m’énerve pas. J’essaie d’expliquer.

– Tu sais qu’il n’a plus de mémoire depuis qu’il a été frappé par la foudre.

– La foudre ? C’est quoi la foudre ?

– Marcel ? Tais-toi tu énerves Maurice.

– Ah salut Ambroise ! Où c’est qu’on va ?

– À Vladivostok. Mais faut attendre le train.

– Le train ? C’est quoi le train ?

– Je… Laisse tomber Marcel. On attend, c’est tout.

– Ah, tu vois que c’est énervant à la longue. C’est où Vladi… Machin ?

– Je ne sais pas. L’autre jour, une jolie femme est venue s’asseoir à l’ombre de mes branches. Elle lisait un livre. Avec des images. Et j’ai lu « Vladivostok ». Il y avait des arbres. Et de la neige aussi. Beaucoup de neige apparemment.

– Tu sais lire toi ?

– Maurice, on a tous ses petits secrets. Mais disons qu’à force de se faire graver, on finit par retenir des trucs. Parce contre, les math, c’est pas trop mon domaine. Je ne sais faire que des additions.

– ALERTE plus personne ne bouge !

– Henri, personne ne peut bouger, ce n’est pas la peine de crier.

– Chuuuttt ! Je viens de voir le type avec sa bombe de peinture.

– Ah merde…

– C’est qui le type ?

– Ta gueule Marcel !

– T’es dur Maurice…

– Et toi Ambroise tu es trop souple !

– N’empêche… Marcel… Je t’explique. Le type avec la bombe de peinture, quand il te barbouille, c’est la fin des haricots. Dans les trois jours, des types débarquent avec des tronçonneuses, un camion, une grue… Et hop !

– Tous à Vladivostok ?

– Non. Je les ai entendu parler d’Ikea. Mais je ne sais pas où cela se trouve. Un jour un type est venu se coucher sous mes branches. Il avait un livre qui s’appelait comme ça. Ikea. Mais il n’y avait pas un arbre. Par contre, il y avait des tas de gens, dans toutes les positions, au milieu de trucs tout carré, de toutes les couleurs.

– Ça va ! Il est parti. Cette fois, il n’a tagué personne !

– Merci Henri.

– De rien Maurice.

– Maurice ?

– Oui Marcel ?

– Où c’est qu’on va ?

– Oh putain…